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Culture et loisirs : "Les milles et une vies" de MUTO au vieux presbytère
le 15/10/2012 12:40:00


L’exposition hommage à Sophie MOUTEAUD, « MUTO » de son nom de peintre, est sans nul doute, une des plus fortes qu’aie accueilli le vieux presbytère de Gorbio, depuis 35 ans qu’il est un espace d’art.



Bénéficiant d’un excellent accrochage, cette exposition présente une grande unité (ce qui est rare pour une expo de groupe), tant au plan des couleurs que des thèmes, unité qui s’impose au premier regard, et qui se confirme dans la découverte et l’analyse des œuvres, au travers notamment des sources d’inspiration des huit artistes qui entourent MUTO.
Ils sont là, autour d’elle, comme pour réincarner en 3D les rêves de cette jeune artiste disparue, et c’est assez émouvant : depuis les bambous colorés de Michèle KLEIJNEN, qui suggèrent la forêt tropicale et l’enfance de MUTO à HAITI, l’océan aux eaux transparentes d’Alain VILBOUX, les peintures sur peau de Christine, sa mère, les personnages mythiques de NC.HAMAWA.K, et, suspendus au-dessus, animés par le vent du large, les mobiles colorés de Ricky ZEBAUME, « condensés » de fleurs, de fruits, de bijoux et d’oiseaux de paradis !

Tout conjugue à l’émotion dans les cinq salles blanches du vieux presbytère, que le son des cloches tire de son sommeil et de ses rêves exotiques…jusqu’aux boîtes de Jean Paul FRETEY, presque anachroniques, si elles n’évoquaient les reliquaires d’un monde mécanique, civilisation disparue et envahie par la jungle colorée et exubérante… et le piano noir de Gérard HATON GAUTHIER, dont on ne sait s’il est reflet ou réalité, s’il est matière ou musique, ou simplement … chagrin.
Et puis, au centre…au cœur…dans le creuset…il y a MUTO et sa foisonnante, impressionnante et criante « galerie de portraits » et sa mythologie.

Pourquoi s’appliquer à tracer des grimaces pour traduire la souffrance ou la peur, quand un regard suffit, : pourquoi tergiverser sur des dégradés de couleurs, si verte est la feuille, bleu le serpent, rouge et noir le démon…difficile à classer MUTO, surtout si l’on pénètre à l’intérieur : ce n’est pas de « l’art primitif » (peut-être de « l’art premier », le sien) ce n’est surtout pas de « l’art naïf », ce n’est pas seulement de la « figuration libre » (ou alors très très libre) ce n’est pas une forme de « fauvisme » contemporain, et en même temps, c’est un peu de tout cela…des œuvres qui auraient leur place dans un musée d’anthropologie imaginaire, ou de botanique non répertoriée, ou encore un bestiaire non identifié, tandis que dans le sein du temple, la même où la mort a choisi de l’emporter, trônent des totems, divinités aux âmes d’autant plus sereines, qu’elles ne sont plus adorées….

Car on ne se sépare jamais de son enfance et tous les artistes ont rêvé d’y retourner… tel MATISSE, vieillard aux gestes maladroits, découpant des papiers aux couleurs primaires…
Mais MUTO n’emprunte pas à l’enfance, elle n’est pas dans les étapes de la vie, d’ailleurs a-t-elle besoin de les franchir ? Je ne le pense pas, elle est autre part dans une constante magique, à l’image de l’œuvre qu’elle nous laisse et qui l’habite depuis, son premier geste d’artiste, et l’habitera pour « mille et une vies ».

Michel ISNARD

Exposition à ne manquer sous aucun prétexte et qui ne dure que jusqu’au 21 octobre malheureusement…

PS « merci à Gilles MONTELATICI d’avoir déroulé et commenté pour nous avec Christine, ce long rouleau… ce « fil d’Ariane » trop vite interrompu, sur lequel MUTO et sa mère, en se cachant ce que l’une et l’autre peignaient , ont sublimé dans une sorte d’ « écriture automatique », nourrie à la fois d’inconscient et de vécu : l’acte intime de la CREATION.

Merci à Géraldine et Alain DUCRET qui ont « orchestré » cette exposition.

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